Marchez en France
Que du bonheur dans ce si joli pays
Coccinelle posée sur la branche/Collection Tourisme Gers/J. Sandras
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Balade sonore - Découverte de Frohmuhl


































































































Partez à la découverte de Frohmuhl! Au fil de l'eau et de la voie de chemin de fer, cette commune vous dévoile son histoire.

Plan IGN

Photos aériennes / IGN

Carte des pentes (plan IGN)

Open Street Map

L'eau à Frohmuhl - le lavoir
Vous vous trouvez ici devant l’ancien lavoir du village.
Dès ses origines, l’histoire de la commune est directement liée à l’eau. Tout d’abord par sa situation géographique au creux de la vallée de l’Eichel mais aussi par la présence d’étangs et de moulins. Deux ruisseaux se rencontrent dans le village ; le Donnenbach et le Spiegeltal pour former l’Eichel. C’est en amont de cette jonction que se situait l’un des deux étangs présents à Frohmuhl avec son moulin le Frohnmühle qui existait depuis au moins le XIIIe siècle ; il est à l’origine du nom du village. La construction de la ligne de chemin de fer a engendré la disparition du moulin en 1893. Mais, la présence de ce dernier est toujours rappelée aujourd’hui par le blason de la commune sur lequel figure une roue de moulin. Pour découvrir l'emplacement présumé du moulin, rendez-vous au point d'intérêt F.
Ainsi, le village s’est construit et développé autour de l’eau.
Ecoutez ces habitantes parler de l'époque où le lavoir était un élément important dans la vie quotidienne du village :

Le sabotier
Observez attentivement la maison située devant vous… ne remarquez-vous rien au niveau de son architecture ? Il s’agit de l’ancienne maison du sabotier ; on peut encore reconnaître à gauche la fenêtre et la porte de l’ancien atelier du sabotier Georges Weihnachter. Plusieurs habitants pratiquaient cette activité au village. Jusque dans les années 1950, tout le monde portaient des sabots au quotidien, même les enfants pour se rendre à l’école, surtout en hiver. Une fois arrivés à l'école, ils laissaient leurs sabots à l'entrée et enfilaient des chaussons crochetés avec des semelles cousues à la main.
Georges WEIHNACHTER (de Klumbe Schorsch ) vendait ses sabots en poussant une charrette et en criant : « Kumme lon, Kumme lon, de Klumbe Schorsch esch do ! ». Les sabots étaient aussi vendus dans les villages voisins à pied ou à vélo ; ou expédiés par train jusqu'à Thal ou Schmittwiller.
Prenez le temps de regarder la nature environnante tout en écoutant ce poème sur le sabot, écrit par une habitante du village :

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Les linteaux de porte décorés
Tout au long du parcours, soyez attentifs aux encadrements de portes d'entrée des maisons, de nombreux linteaux présentent un décor sculpté dans le grès, témoin du savoir-faire des tailleurs de pierre du village.

La boulangerie
Depuis le Moyen Age, le pain fait partie de l’alimentation quotidienne. Cuit dans des fours directement à la maison, le pain accompagnait l’ensemble des repas de la journée. A Frohmuhl, une boulangerie voit le jour en 1846 lorsque Pierre Doerflinger s’installe dans le village. Les pains et autres succulents gâteaux de la boulangerie faisaient le bonheur des habitants. Une lignée de boulangers était née ! En effet, les fils et petits-fils de Pierre continuèrent de ravir les papilles des frohmuhlois et ce, jusqu’en 1971, année où la boulangerie cessa son activité.
La journée type du boulanger s’organisait de la façon suivante : la veille vers 2h, il prépare le levain qui servira à la pâte du lendemain. A 3h il regagne son fournil pour ajouter au levain la farine, le sel, de l’eau et de la levure. La pâte est pétrie à la force des bras dans le pétrin. Quand la pâte est lisse, il la laisse reposer environ ¾ d’heure. Pendant ce temps, le boulanger va chauffer le four avec le bois pendant une heure. Quand le four est chaud, il retourne à sa pâte levée et la divise en mottes qui sont pesées sur une balance. Après cette préparation, il allonge la pâte pour les pains longs et les aligne sur une grande planche qui sera recouverte d’un tissu de lin. Après cela, il faut rapidement sortir les braises du four. Une fois le four prêt à l’emploi, il enfourne les pains, les grands puis les petits. Au fur et à mesure, le boulanger fait des entailles avec un couteau. Quand le pain est cuit, il le sort à l’aide d’une planche. Sur les miches non farinées, il passe un petit balai trempé dans l’eau froide pour les lustrer ; il les nettoie ensuite avec une brosse pour enlever toute trace de cendre.
L’après-midi, le boulanger part sur la route pour vendre sa marchandise dans les villages voisins. Il part aussi en forêt pour couper le bois pour chauffer le four.
Le samedi, il prépare de bons gâteaux : tresses, kougelhopfs, streusselkuche, gâteaux à la cannelle ; que les habitants pourront déguster tranquillement le dimanche.

Coutume du village : la Fête Dieu
La religion catholique a toujours été prédominante à Frohmuhl. Ainsi de nombreuses fêtes religieuses animaient le village tout au long de l'année.
En juin, le jour de la Fête-Dieu, le village était en effervescence. Après la messe avait lieu la procession qui parcourait les rues du village en s’arrêtant à quatre autels différents mis en place par les fidèles : dans la montée vers Hinsbourg, sur la place devant le restaurant, près de la mairie et en contrebas de l'école à côté de la fontaine puis ici devant l'ancienne épicerie Kremer.
Tôt le matin, les habitants s’affairaient à la réalisation des autels montés pour l’occasion à différents endroits du village sur un thème spécifique pour chacun.
Écoutez ces habitantes parler de l'organisation de cet événement :

Ancienne épicerie
La maison qui se tient devant vous abritait autrefois une épicerie, celle de Marie Kremer, « Chez Kremers ». Celle-ci ferma ses portes en 1977.
Une habitante du village, Christiane Osswald nous confie ses souvenirs liés à l’épicerie :
« Dans la petite vitrine en verre, des piles de tablettes de chocolat... Sur le dessus, bonbons, caramels, Malakoff, « tue-la-toux », malabars, réglisses...tentations sous toutes les formes, toutes les couleurs... dans leurs bonbonnes sagement alignées... Sur le comptoir, la balance pour peser café en grains, sucre, sel, farine...
Les pompes pour aspirer et mesurer l'huile, la moutarde, le vinaigre, le pétrole... Disposés devant la fenêtre, les cageots de fruits et légumes... Sur la droite, un espace pour ranger les cigarettes et les cigares...
Et tout le long du mur du fond, une grande étagère sur laquelle se côtoient riz, pâtes, biscuits, biscottes, bocaux, conserves, épices...
Ni chèque, ni carte bancaire, l'argent va tout droit dans le tiroir sous le comptoir.
Dès qu'on poussait la porte, l'odeur âcre du tabac se mêlait à celle du fromage, surprenant les narines...
Et puis avec l'arrivée du congélateur, la glace détrône les desserts "maison" de nos parents.
Parfois, sur le chemin de l'école, nous prenions un malin plaisir " à faire marcher la Marie" (Kremer). À tour de rôle, on poussait la porte, la sonnette annonçait notre venue...l'appartement se trouvant à l'étage, la Marie était obligée de descendre à chaque fois le grand escalier en bois pour vendre une minuscule friandise... Après plusieurs tours de piste, elle déboule dans la cour en criant que nous sommes de vilains garnements.
Que ce soit chez La Lüwis ou La Marie, les habitants de Frohmuhl aimaient se retrouver dans ces lieux familiers, pour y faire le plein d'emplettes, mais aussi le plein de nouvelles fraîches. Le journal « Les Dernières Nouvelles d’Alsace » est livré à domicile par des porteurs, mais chaque semaine le magazine "Paris-Match" est attendu avec impatience chez la Marie.
Après l'ouverture des supermarchés dans les années 70, les épiceries doivent fermer car elles ne sont plus rentables et il n'y a pas de repreneurs pour celles-ci. »
C'est dans cette ancienne épicerie que les premières glaces ont fait leur apparition au village dans les années 1960, Christiane vous parle de cette belle découverte gourmande :

Le moulin
C'est à cet emplacement que devait se tenir le moulin à l'origine du nom du village.

L'arrivée du chemin de fer - Histoire de l'école
Quand on arrive à Frohmuhl, une particularité de la commune nous interpelle au premier regard…on aperçoit la voie ferrée, avec de part et d’autres, des maisons…Serait-ce deux villages qui se sont développés le long de la voie ferrée, chacun sur un autre versant ? Et bien non, il s’agit bien du village de Frohmuhl qui connut de profondes transformations lors de la construction de la ligne de chemin de fer Strasbourg-Sarreguemines. Ainsi, on a l’impression que le village est comme « coupé » en deux pas les rails. L’arrivée du chemin de fer dans la vallée de l’Eichel a bien sûr changé la vie des habitants, des maisons ont dues être détruites, des commerces déplacés… mais ces grands travaux ont aussi été bénéfiques pour la région et le village car les rails les reliaient à de grandes villes et permettaient le transport rapide des hommes et des marchandises.
La ligne a été inaugurée le 1er mai 1895 mais dès 1855 la question du passage du chemin de fer à Frohmuhl est évoquée lors d’une séance du Conseil Municipal : « … ce chemin qui doit mettre la commune de Frohmuhl en communication directe et rapide avec l’Alsace et la Lorraine ». Les travaux sont engagés dans les années 1880. Pour les mener à bien, de nombreux ouvriers sont arrivés. Ils venaient principalement du Luxembourg, de Belgique, du Palatinat et d’Italie. A Frohmuhl les italiens étaient nombreux. Ils logeaient dans des baraquements mais aussi chez l’habitant comme chez le boulanger Doerflinger qui avait spécialement aménager des chambres.
Les travaux ont engendré d’importantes modifications dans le paysage ainsi qu’au niveau des tracés routiers. L’école par exemple a été démolie car elle se trouvait sur le tracé prévu du chemin de fer. Elle fut ensuite reconstruite en hauteur à son emplacement actuel. Pendant les travaux, la classe et le logement de l’instituteur sont aménagés dans un autre bâtiment en attendant la construction d’une toute nouvelle école, rendue possible grâce à l’indemnité versée par la compagnie de chemins de fer allemands. L’école et la gare ont été construites en grès, dans le style des gares allemandes car à cette époque, l’Alsace et la Moselle étaient annexées à l’Allemagne. En 1894, la cloche qui annonçait les événements importants du village et que sonnait l’instituteur chaque matin pour l’angélus ; fut déplacée et montée sur le toit de la nouvelle école, achevée une année plus tard.
En 1994 la décision est prise de supprimer l’arrêt à la gare de Frohmuhl. Aujourd’hui, vous pouvez toujours prendre le train, dans le village voisin, à Tieffenbach.
L’ancienne gare avait également son importance au niveau touristique. Des strasbourgeois venaient jusqu’à Frohmuhl pour profiter du cadre de l’étang du Donnenbach. Le propriétaire des lieux venait même les chercher à la gare en calèche et les conduisait à l’étang. Des ouvriers des houillères de Lorraine venaient aussi accompagnés de leur famille.

Eglise Saint-Gall
Située en hauteur et surplombant la voie ferrée, l’église Saint-Gall de Frohmuhl interpelle le regard du passant. Elle ne fut construite qu’au XXe siècle. Avant, les paroissiens partaient à pied puis en train jusqu’à l’église de Tieffenbach pour assister à la messe.
Au début du XXe siècle, le maire de Frohmuhl, Gaston Krumacker décide de la construction d’un édifice religieux. En 1923, les plans et les devis établis par l’architecte Haentzler de Strasbourg, sont prêts. Il faut alors sélectionner un terrain approprié pour cette église. Celui choisi appartient au maire et sert également de carrière pendant la construction. Ce chantier dynamise le village et permet aux tailleurs de pierre locaux de travailler. Beaucoup de bénévoles permettent également l’avancée des travaux. Le 29 novembre 1931 la première pierre de l’église est bénie en présence de Monseigneur Kolb, évêque de Strasbourg. L’édifice est construit en grès des Vosges, du béton fut également utilisé pour réaliser la flèche.
Une fois l’édifice sur pieds, les cloches de l’église sont acheminées à Frohmuhl depuis la gare de Tieffenbach. En ce 29 janvier 1933, le village était en fête pour la bénédiction des cloches. L’une d’entre elles a été offerte par la famille du maire et fut nommée Sainte Madeleine. La seconde fut quant à elle offerte par des habitants du village et pris le nom de Sainte Thérèse. Le 8 février 1933 le son des cloches retenti pour la première fois.
A l’intérieur de l’église, observez son mobilier et ses décors, témoins des savoir-faire locaux : la pierre en grès de l’autel provient de la carrière Reinberger de Petersbach, les bancs ont été réalisés par la menuiserie Naegely de Weislingen et les stations du Chemin de Croix en céramique, inspiré de celui présent au Mont Saint-Odile, ont été réalisées à Soufflenheim. Derrière l'autel se situait une fresque qui fut recouverte lors de travaux de restauration, elle représentait le Christ au centre, sainte Madeleine à gauche et saint Gall à droite.
Devant l'église, au sol, remarquez le motif qui se dessine ; c'est une roue de moulin, la même qui figure sur le blason communal. Elle nous rappelle l'importance de l'eau au village et le rôle qu'elle a joué dans son histoire.

La seconde guerre mondiale
Lucie Loos, épouse Barth qui habitait rue de Struth a écrit un journal concernant les journées du 21 Novembre à la libération le 3 décembre 1944, écoutez cette habitante vous lire son témoignage :
Si vous souhaitez en savoir davantage sur les moments qui ont précédés puis suivis la libération, lisez ce témoignage d'Irène Dellinger (épouse Schneider) qui habitait et habite toujours rue de la montagne :
On commença à calfeutrer les fenêtres de notre cave avec des sacs de sable, on ferma les volets, on installa un matelas sur les sacs de pommes de terre, des coussins. Le schnaps trouva sa cachette sous les betteraves. Les américains n'étaient plus très loin.
Un beau matin, notre maison, isolée à l'époque, se trouva cernée par plusieurs tanks (allemands) d'artillerie lourde. De là-haut on avait une excellente vue sur toute la vallée. Mon père avait stocké sur l'escalier des sacs remplis de graines pour renforcer notre protection. De la porte de la cave, nous pouvions voir le phosphore descendre comme de la lave de la colline de Hinsbourg (Brunnenberg). Les engins dont nous étions entourés crachaient leur feu dans toutes les directions. Ce furent des moments terribles pour nous. Un tir (américain) fit voler en éclats notre cheminée. Dans la cave tout devint sombre, la poussière et la suie envahirent la cave. Au même instant, un bruissement étouffé inhabituel venait de l’escalier. Nous pensions à un incendie ; mais non, c'était la récolte de blé, les belles graines blondes qui dévalaient l'escalier de marche en marche. Je vis de grosses larmes glisser sur la joue de mon père. Ce fut la première fois que je le voyais pleurer. Pour couronner le tout, un soldat allemand lui dit :"Vous êtes réservistes, il va falloir vous emmener ».Heureusement cela n'arriva pas.
Le lendemain, nous avons constaté les dégâts : plus de cheminée, plus de tuiles sur le toit. A partir des fenêtres de la salle à manger, les allemands tiraient à la mitraillette vers Tieffenbach. Et là nous apprîmes qu'un de leurs chars était bloqué. Un soldat allemand fut grièvement blessé. Mon père lui posa un pansement le mieux qu'il put. Un autre déboula l'escalier en criant WASSER ! (eau en allemand) Nous pensions qu'il demandait de l'eau. En fait c'était le nom du blessé. Il ne put aller très loin et fut tué entre notre maison et celle des Reinberger (actuellement Thumser). Enterré à Hinsbourg, il fut rapatrié plus tard en Allemagne. Notre maison était devenue inhabitable. Nous sommes allés alors nous réfugier chez Sallinger (en bas de la rue de la montagne) Il y avait Charles (Sallinger) les familles Barth, Eich et Besel (Anna Wintzerith) Nous étions bien une vingtaine de personnes. Tout le monde était dans la cave, bien sûr. Il y avait un tank allemand qui passait quatre à cinq fois par jour dans les rues du village et tirait en l'air cinq à dix coups ; c'était pour faire croire aux Américains qu'il y avait encore beaucoup de militaires allemands dans le village. Nous avions laissé chez nous la vache, le cochon, les poules. Il fallait bien les nourrir. Mon père fit la navette, au moins une fois par jour, pour s'en occuper. Un jour on tira sur lui. Il dut se cacher dans la porcherie des Thumser. A partir de ce moment il prit toujours un bâton auquel était accroché un linge blanc, ce qui devait signifier qu'il était un civil. Nous étions bien une vingtaine de personnes dans la cave des Sallinger. Promiscuités, angoisses. Deux jeunes soldats allemands vinrent nous rejoindre et s'allongèrent sur les pommes de terre. Ils en avaient assez de faire la guerre. Alors arriva le Hauptmann et dit "Si vous refusez d'obtempérer, tout le monde sera exécuté, sans exception. Alors, ils partirent. Ils avaient dix-sept ans ...des enfants.
Après deux semaines environ passées dans la cave, les Allemands se retirèrent et on entendit les chars d'assaut des Américains. Le premier jour, nous les enfants étions un peu effrayés par ces hommes noirs. Ils visitèrent chaque maison pour vérifier s'ils n'y trouvaient pas de soldats allemands. Le 3 décembre 1944. JOUR DE LA LIBÉRATION. Tout le monde pleurait de joie. Chez les Sallinger, nous nous sommes régalés avec un bon civet de lapin et des nouilles ; cela nous changeait du lait et du pain sec. Dans la cour, les soldats avaient installé une cuisine en plein air. Ils nous distribuaient des chewing-gums, du chocolat, du savon, des cigarettes pour les garçons. Quant à eux, ils ont découvert le schnaps qui fut fort apprécié. Dans la maison d’Anne Becker, résidait une certaine Madame Orth. C'était la seule personne qui arrivait à parlementer avec les Américains.
Le retour à la maison : partout le sol était jonché de douilles vides. Il y en avait de toutes les tailles. Il fallait parer au plus urgent ; couvrir le toit avec de la paille et des plaques de bitume. Réparer ce qui était abimé, reconstruire. Notre maison a été la première et la plus touchée du village. On s'est mis à l'ouvrage. Sur le terreau des peurs, des chagrins et des larmes, les villageois ont fait refleurir les fleurs de l'espoir. Petit à petit la vie a repris ses droits. Pour moi aussi, je me suis mariée, j'ai eu trois enfants, des petits enfants, des arrière petits-enfants. Au fil de ma vie, ces souvenirs ont été rangés dans un coffre, caché au fond de mon cœur. Je n'y pense pas tous les jours, mais il suffit que je soulève le couvercle, pour qu'ils surgissent comme un film déroule ses images, précises et nettes pour la plupart, un peu floues et lointaines pour d'autres. Je prie notre Seigneur afin que les générations futures n'aient pas à vivre ce que nous avons vécu. Aucune guerre n'est belle, et aujourd'hui, en 2011, ce mot ne devrait plus exister.

Les commerces
Les commerces et restaurants étaient des lieux de rencontre pour les habitants. Ici, au 18, rue principale se tenait une épicerie, regardez bien on peut encore distinguer sa vitrine. Souvent, les jeunes du village se réunissaient sur le banc, devant l'épicerie.
C'était l'épicerie de Marie Barth née Buchholzer puis de sa fille Louise mariée Lenhardt "Chez Lüwis", elle ferma en 1975.

L'ancien cimetière
Cette grande croix en grès qui se tient devant vous indique l’emplacement de l’ancien cimetière du village qui se trouvait au milieu du village jusqu’en 1855. Aujourd’hui, le cimetière se situe à la sortie de Frohmuhl en direction de Tieffenbach.
Sur cette croix on peut lire « Von Blitz und Gewitter erlöse uns oh Herr» (Oh Seigneur délivre- nous des éclairs et de l’orage).
Cette inscription est intéressante car elle souligne l'une des craintes des frohmuhlois, l'orage. A ce propos, écoutez ces habitantes parler des superstitions liées au village :
En plus des superstitions, des légendes existent également à Frohmuhl et voici celle de la cloche d'argent du Haslachtal :
1. De la petite cloche dans la fontaine. Derrière le moulin du Donnenbach ; s'étend une petite prairie le Haslachtal. Autrefois, se trouvait là un monastère du nom d'Haslach. La petite cloche qui appelait les moines à la prière, était en argent pur. Pendant la guerre de trente ans , le monastère fut détruit. Les moines avaient caché la cloche d'argent dans la fontaine du monastère, pour éviter qu'elle ne soit dérobée. Depuis lors, quelquefois, par temps calme, les gens qui travaillaient dans les champs entendaient sonner la petite cloche.
2. Pourquoi la cloche ne put pas être sortie de la fontaine. Un homme de Frohmuhl rêva trois fois de suite de la petite cloche de la fontaine de Haslach. Le troisième jour, il s'y rendit pour aller la chercher. Comme il arrivait près de la fontaine, elle sonna merveilleusement. Mais alors, une voix se fit entendre : "Celui qui veut posséder la cloche, devra y laisser sa vie " Sa vie lui était plus précieuse que la petite cloche ; il rentra plutôt chez lui. Depuis lors, la cloche ne sonna plus. De nos jours, la fontaine coule toujours et s'appelle la fontaine du Haslach.
De l'instituteur König de Frohmuhl. Monsieur König était l'instituteur de Frohmuhl de 1895 à 1912. Cette légende est issue d'un livre sur les légendes et histoires d'Alsace-Lorraine, pour l'instruction scolaire et familiale, édité en 1908.
Une autre version plus tragique de cette légende rapporte que celui qui entendra sonner la cloche au fond de la vallée du Donnenbach devra mourir dans l'année. On rapporte aussi que la cloche sonne encore à Haslach seulement le soir du vingt quatre décembre. Il faudrait y aller voir et écouter ...

Les tailleurs de pierre
Les tailleurs de pierre étaient nombreux à Frohmuhl car plusieurs carrières étaient exploitées dans les villages voisins comme à Tieffenbach, Petersbach et Adamswiller.
Si vous approchez de l’entrée de la mairie du village, vous pourrez observer un bel encadrement de porte sculpté dans le grès, témoin du savoir-faire des tailleurs de pierre locaux.
Poursuivez votre visite en empruntant la rue de Struth pour y découvrir de beaux exemples d’encadrements de porte sculptés.
Vous voulez en apprendre davantage sur les métiers qui se pratiquaient à Frohmuhl? Alors écoutez ce témoignage :

Etang du Donnenbach
L’étang du Donnenbach situé non loin de Frohmuhl, est un endroit paisible bordé d’arbres aux couleurs changeantes selon les saisons. Ce lieu a connu plusieurs évolutions au cours de son histoire. L'étang du Donnenbach apparaît sur les cartes au début du XVIIIe siècle, avec son moulin le Donnenbacher Mühle. Avant, un autre étang existe, situé plus au fond de la vallée, c'est l'étang de Haslach, présent sur les cartes dès le XVIe siècle. Il est l'étang seigneurial pour la pêche jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.
Après la guerre de 30 ans (1618-1648), l’exploitation du bois connu un essor important. Ainsi, une scierie fut installée au Donnenbach ; elle fonctionnait bien surtout à partir de 1730 quand un atelier métallurgique nécessitant beaucoup de bois fut créé non loin de l’étang. Quelques années plus tard, la scierie devint un moulin à farine car cette activité fut jugée plus rentable par les autorités face à une population grandissante. Un autre moulin existait déjà à Frohmuhl mais l’utilisation de l’eau du ruisseau par l’atelier métallurgique avait réduit son activité.
Le moulin du Donnenbach connu de nombreux meuniers jusqu’au milieu du XXe siècle. Après avoir été vendu aux enchères, le moulin devint, après 1890, une auberge qui servait également de centre d’accueil touristique. Ce fut le début d’une période heureuse pour l’étang du Donnenbach, fréquenté aussi bien par les touristes que par les locaux. Des habitants de la ville venaient en train pour se rafraîchir par une chaude journée d’été ; les familles s’y promenaient, les enfants y jouaient. Le dimanche, l’étang du Donnenbach offrait à tous un moment de repos et d’évasion, parfois à seulement quelques pas de chez soi…
Si vous souhaitez découvrir l'étang, suivez la rue de La Petite Pierre en longeant le cours d'eau Donnenbach. Cette route peut se parcourir à pieds ou en voiture.
Écoutez ces habitantes parler du Donnenbach :
