Marchez en France
Que du bonheur dans ce si joli pays
Coccinelle posée sur la branche/Collection Tourisme Gers/J. Sandras
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Découverte de Bouxwiller
















































































Bouxwiller est l'une des plus belles villes d'Alsace du Nord. Vous allez adorer ses maisons à colombages, ses oriels et ses charmantes petites ruelles aux détours desquelles se cachent plus d'une curiosité. Grâce à ce circuit parcourez tous les recoins de la cité pour découvrir son histoire et de belles maisons à colombages. Pour poursuivre votre visite, poussez la balade jusqu'à la colline du Bastberg. Située à 30 min à pied du centre-ville elle offre un panorama à 360° sur la plaine d'Alsace.

Plan IGN

Photos aériennes / IGN

Carte des pentes (plan IGN)

Open Street Map

L'ancien château de Bouxwiller - Le lycée de 1885
L’existence d’un château est attestée dès le 14e siècle. Deux siècles plus tard, il est fait état des travaux aux bâtiments et aux jardins ordonnés par le comte Philippe IV. Mais le château, tel que l’ont admiré les visiteurs, Goethe par exemple, et tel qu’il est représenté sur l’unique vue dont on dispose, on le doit à la volonté et à la munificence du comte Jean-René III de Hanau-Lichtenberg, qui régna de 1688 à 1736. Les premiers travaux sont réalisés peu après son entrée en régence : la partie ouest du château fut agrandie, ornée de pignons à volutes, de facture encore très traditionnelle.
Le 15 juillet 1881, à l’emplacement approximatif de l’ancien château, est posée la première pierre du bâtiment destiné à remplacer l’ancien collège trop petit et inadapté. Cette réalisation est due à l’opiniâtreté et à la générosité de Charles Henri Schattenmann. Le 22 janvier 1884, lors d’une visite de bâtiment par une commission municipale, le plafond du corridor du 1er étage s’est effondré au passage des visiteurs, et ce fâcheux accident a coûté la vie au maire Gustave Kellermann… C’est le 5 janvier 1885 que commence l’enseignement dans cet établissement dénommé successivement : Gymnasium, Collège, Lycée, Lycée Adrien Zeller.

Bâtiments seigneuriaux : écuries seigneuriales - chancellerie - remise aux carrosses et cour des comptes
Autour de la Place du Château découvrez trois bâtiments seigneuriaux :
La chancellerie du comté Hanau – Lichtenberg : elle a été construite entre 1658 et 1663 sous la conduite du maître d’œuvre Jean Weibel de Strasbourg. C’était le siège du gouvernement du comté devenu, après la Révolution, la mairie de Bouxwiller. Lors de la pose des fondations, ont été placées dans l’angle de la bâtisse (vers l’actuelle poste), comme le voulait la coutume, deux fioles, une de vin rouge, l’autre de vin blanc, ainsi que diverses pièces de monnaies. Deux chats ont également été retrouvés, emmurés par superstition. Ils sont aujourd’hui exposés au Musée du Pays de Hanau. La façade, qui donne sur la place du Château, comporte un portail Renaissance, ainsi que les armoiries de la Ville (aigle de l’Empire et lion des Lichtenberg). Le portail de la façade arrière est surmonté, quant à lui, des armoiries des comtes de Hanau – Lichtenberg du 20e siècle. Les portails ont été restaurés au début du 20e siècle.
Les écuries seigneuriales : construit en 1688, ce bâtiment a été totalement transformé en 1908, pour faire place à l’actuel bureau de poste. Les anciennes écuries se prolongeaient (du côté de la place) jusqu’à l’extrémité du mur à droite, avec les quatre oculi d’origine (ouvertures rondes). Au-dessus des écuries se trouvaient les logements des palefreniers et garçons d’écurie. La tour octogonale et les portails proviennent du bâtiment d’origine. A votre droite, se trouve un bâtiment appelé « Sommellerie » qui abritait l’intendance du château (réserves, atelier de couture, boulangerie, bureaux, vins, …).
Remise aux carrosses et cour des comptes : elle a été construite en 1702. Son rez-de-chaussée servait de remise pour les carrosses seigneuriaux. De chaque côté de la porte centrale, trois arcs en plein cintre ouverts servaient autrefois au passage des voitures. L’étage abritait les services financiers du comté de Hanau-Lichtenberg.

Rue des Seigneurs
Tout au long de la Rue des Seigneurs, remarquez un ensemble de maisons de nobles, construites pour la majorité au début du 17e siècle.
Au n°7 de la Rue des Seigneurs se situe la plus ancienne maison datée de Bouxwiller, construite en 1484. Il s’agit de la Cour noble des Kircheim, appelée aussi « Buchsweiler Hof ». Elle a été remaniée à la Renaissance (tourelle d’escalier et galerie), puis au 18e siècle (percement de nouvelles fenêtres). Elle a été longtemps habitée par les sires de Sultz, lignée de la petite noblesse au service des Hanau-Lichtenberg. A leur extinction en 1648, les comtes ont donné la cour en fief à leur grand-bailli, David de Kirchheim.
En sortant de la Rue des Seigneurs pour emprunter la Grand Rue, prêtez attention à l’oriel de 1613, richement orné d’un décor végétal et animal. A ses pieds, une série de bornes et un panneau explicatif recensent les emblèmes des métiers d’autrefois.

Place du Marché aux grains
La place prend son aspect actuel au début du 17e siècle, lorsque les agents de l'administration seigneuriale ou des artisans de la Cour y construisent leurs maisons.
Par exemple, l'intendant seigneurial Eucharius Herbst (n°24, datée de 1624, initiales EH sur le poteau cornier) ou son collègue Theurer (n°26, datée de 1636) ou encore Reuss, tailleur de la cour (n°20, datée de 1606).
Quelques maisons ont été édifiées au 18e siècle, comme l'ancienne auberge "A la ville de Hanau" au n°8.
Vous pouvez observer une réplique de la "fontaine au lion", dont l'original se trouve dans les jardins de l'Hôpital de Bouxwiller.
Pour plus d'informations, un "Circuit Jardins" vous est proposé au Musée du Pays de Hanau.
Sur cette place, vous pouvez également apprécier la richesse des colombages.

Enceinte médiévale
L'enceinte de la ville, d'une hauteur moyenne de 8m et d'une longueur de 1424m, enserrait la ville de façon rectangulaire. Le mur était doublé d'un fossé, en partie encore visible. L'enceinte était percée de deux grandes portes, la porte haute qui menait à Lichtenberg et la porte basse, en direction de Strasbourg. Une troisième petite porte, le Pfaffenthörlein, encore visible aujourd'hui, menait vers le cimetière catholique depuis l'actuelle rue du Canal.

Ancienne synagogue - Musée judéo - alsacien
Avant d'arriver devant la synagogue, vous pouvez repérer au sol le blason de la Ville de Bouxwiller "d'azur à un aigle contourné d'or, et de gueules à un lion d'argent". En face de la librairie se trouve également la maison dans laquelle Goethe a séjourné lors de son passage à Bouxwiller.
Construite de 1842 à 1844, sur un terrain offert par Charles Henri Schattenmann, la synagogue se trouvait au nord de la porte haute, dite porte de Lichtenberg (qui se situait à l'emplacement de l'actuelle librairie). La façade de style classique suit la règle du nombre d'or, considéré comme parfait (14,5m de large sur 9m de haut).
En 1941, sous le régime nazi, elle a été transformée en cartonnerie et toutes les inscriptions hébraïques ont été martelées. C'est à cette époque que les grilles du parvis ont disparu.
Après la guerre, la population juive, très réduite, n'a plus utilisé qu'une petite partie du bâtiment, comme oratoire, jusqu'à la disparition quasi-totale de la communauté, dans les années 1960.
La synagogue donne et sonne l'heure depuis 1840, ce qui est assez inhabituel pour un tel bâtiment.
Aujourd'hui, la synagogue abrite le musée judéo-alsacien.
Installé dans cette synagogue sauvée de la démolition, ce musée, ouvert en 1998, ne ressemble à aucun autre. Il met en scène la culture et retrace l'histoire des Juifs d'Alsace, en évoquant le vécu quotidien et millénaire avec leurs voisins les chrétiens.

Eglise catholique Saint - Léger
Cette église, dédiée à saint Léger, a été construite en dehors de la ville, sur les hauteurs (d'où sa dénomination d'Oberkirche, l'église d'en haut). Jusqu'à la fin du Moyen Age, elle e été l'église paroissiale de la ville, titre qu'elle a cédé au 16e siècle à "l'église d'en bas" (la Niederkirche), l'actuelle église protestante.
Lors de la création de la paroise catholique, en 1683, l'édifice et le cimetière attenant lui ont été attribués.
L'église se trouvait non loin de l'ancienne cour domaniale de l'Abbaye de Neuwiller, aujourd'hui disparue.
En arrivant, vous remarquerez sur votre droite un calvaire composé d'un crucifix et de quatre stations. Précédé d'un élégant perron, c'est un bel ensemble caractéristique de l'art religieux local du 18e siècle.
La partie la plus ancienne est la tour, datant du 12e siècle. La nef a été reconstruite en 1779, dans le style Louis XVI des églises de cette époque. L'église abrite, au-dessus du maître-autel, une toile attribuée à l'artiste strasbourgeois Melling (1724-1796), représentant le martyre de saint Léger. S'y trouve également un orgue, dont le buffet est l'un des plus anciens de la région. Il a été réalisé par le facteur d'orgues Baldner, en 1668.

Bâtiments de l'Administration des Mines
L’origine de la Société des Mines de Bouxwiller remonte à 1816 lorsque, par ordonnance royale du 21 mars, le roi accorde la concession du droit d’exploiter les mines (re)découvertes en 1809, une première concession ayant été accordée dès 1743. Les bénéficiaires de la concession, ne pouvant utiliser le lignite comme combustible, décident d’installer une fabrique de sulfate de fer et d’alun, semblable à ce qui existait dans les environs de Heidelberg, en Allemagne.
Pour installer leur usine, ils font l’acquisition de l’ancien hospice et des terrains environnants, situés au sud-ouest des anciens remparts de la ville.Il faut attendre l’arrivée de Charles Henri Schattenmann pour que l’Administration des Mines entreprenne la construction d’un nouvel ensemble, entre la rue des Mines et la rue de l’Hospice.
Le nouveau siège de l’Administration des Mines, aux bâtiments caractéristiques de l’architecture industrielle de l’époque, est édifié en 1860. Le millésime est visible sur les pignons des bâtiments. À remarquer également, les tendeurs de la structure métallique intérieure qui apparaissent en façade sous forme de fleurs.Derrière les bâtiments apparaît la dernière cheminée qui rappelle l’activité industrielle, relativement méconnue, de Bouxwiller. Les autres cheminées ont été détruites au cours du 20ème siècle.

La fontaine "Marie Hart"
Marie Hart, de son vrai nom Marie-Anne Hartmann, est née à Bouxwiller le 29 novembre 1856, d’un père pharmacien et d’une mère institutrice. À 27 ans, elle épouse, contre l’avis de sa famille, Alfred Kurr, ancien officier allemand divorcé, et part vivre avec lui en Autriche. Après un retour en Alsace où elle donne naissance à leur unique fille Charlotte, le couple s’installe en Bavière. C’est là-bas qu’elle reprend l’écriture en choisissant le dialecte alsacien, le plus à même selon elle de traduire ses sentiments. La publication de ses ouvrages lui apporte une importante notoriété autant en Alsace qu’en Allemagne. La Première Guerre mondiale force cependant son mari à reprendre les armes du côté allemand. À la fin de la guerre, calomniée, Marie Hart se résigne à quitter définitivement Bouxwiller. Elle s’installe alors à Bad Liebenzell où elle tombe malade et meurt le 30 avril 1924.
Erigée non loin de la pharmacie paternelle, la fontaine Marie Hart a été inaugurée en 1991, à l’occasion des quatre-vingts ans de la publication de « G’schichtlen un Erinnerungen üs de sechziger Johr ». Ce récit est l’occasion pour l’auteure de décrire son enfance à Bouxwiller comme une période heureuse. L’eau s’écoule à travers une auge provenant de l’ancienne Auberge de l’Ours, détruite par un incendie au début des années 1980.

Le patrimoine juif de Bouxwiller
La présence juive à Bouxwiller remonte vraisemblablement, comme dans le reste de l’Alsace, au Haut Moyen Age. Cependant, cette présence n’est prouvée par des documents qu’au 14e siècle, quand l’Empereur Louis de Bavière accorde aux sires de Lichtenberg le privilège de lever des impôts sur les Juifs (1337), droits qui leurs sont confirmés par Charles IV en 1347. A partir de cette époque, les Juifs sont présents dans tout le comté et en 1562, le prévôt de Bouxwiller demande au Conseil de Régence des instructions à leur sujet. Pourtant, on ne peut parler de communauté juive qu’à partir du 18e siècle. Dix familles habitaient la ville en 1656 et dix-huit en 1696.
Une première synagogue a été construite au début du 17e siècle et a été transformée en 1658, puis remplacée par un nouvel édifice en 1664. Au cours du 18e siècle, la population juive augmente progressivement (trente et un foyers en 1723, trente-neuf en 1754 et cinquante-cinq en 1780), en même temps que son rôle dans la vie économique, grâce à la tolérance des comtes, puis des landgraves de Hesse. Ils sont autorisés à tenir boutique ouverte et jouent un rôle important dans les finances privées et publiques. Quelques-uns seront des banquiers et des fournisseurs de la Cour princière.
En 1667 est fondée une école talmudique qui connaît un vif éclat, mais qui ne survit pas à la Révolution. C’est au début du 18e siècle que Bouxwiller devient le siège d’un rabbinat et d’un tribunal rabbinique, ayant juridiction sur tous les territoires du comté.
C'est ici, au niveau du jardinet de la maison n°18 de la rue des Juifs que se situait le bain rituel juif (mikwé). Actuellement ce bain n'est plus visible car il se trouve sous le jardinet.
La population juive a progressé jusqu’au milieu du 19e siècle (trois cents âmes en 1866), puis décline lentement. La guerre et la déportation ont porté le coup de grâce à cette communauté qui a été l’une des plus brillantes d’Alsace.

Eglise protestante
Autrefois église de ville (Stadtkirche) ou église d'en bas (Niederkirche), elle était initialement une église annexe, construite au 14e siècle, lors de l'expansion de la ville, et était dédiée à la Vierge. En 1545, le comte adopte la Réforme et, par la suite, elle devient l'église paroissiale. C'est donc comme lieu de culte protestant qu'elle a été reconstruire en 1613, selon un plan et dans des formes néanmoins encore traditionnelles. Elle a été remaniée et consolidée à plusieurs reprises : au 18e siècle, en 1913 et en 1965.
L'intérieur présente la disposition typique des églises luthériennes du 18e siècle, l'orientation des bancs vers la chaire ayant la même importance que l'orientation vers l'autel.
La chaire polychrome, mêlant les styles gothique et Renaissance, est datée de 1578 et 1614. Le monumental orgue, qui surmonte la loge princière, a été réalisé par le fameux facteur d'orgues Silbermann en 1777-78.
Dans la partie orientale se trouvent quelques pierres tombales qui perpétuent le souvenir de membres de la famille régnante et de représentants de la noblesse locale.

Un patrimoine bâti remarquable
En empruntant la rue de l’Eglise, prenez le temps d’observer l’architecture qui vous entoure.
Découvrez tout d’abord un décor riche dans le style de la renaissance allemande ou style auriculaire : l’aubergiste « A la Charrue » a fait édifier cette belle maison en 1670. A remarquer, la richesse du décor qui occupe toute la place disponible : têtes d’angelots, tête coiffée de plumes, lansquenet en armure et surtout feuillage stylisé aux formes molles, évoquant le cartilage de l’oreille : le style « auriculaire », également appelé style « cartilage » est, dans les régions rhénanes, l’équivalent du style Louis XIII.
En avançant jusqu’à la rue du Canal, à l’angle, vous faites face à une très belle maison, c’était celle du receveur ecclésiastique. Comme beaucoup de maisons situées à proximité de la halle des bouchers, celle-ci appartenait, au début du 17e siècle, à un représentant de cette profession : le boucher négociant d’origine huguenote, Nicolas Chardin. Par la suite, elle a été longtemps le logement de fonction des administrateurs des biens de l’Église. La particularité de cet édifice se retrouve au niveau de son oriel, il est très rare qu’il soit ainsi sculpté à sa base.

L'épicerie Richert
Au 21 Grand'Rue se tenait autrefois l'épicerie Richert, on y trouvait de tout!
Pour en savoir plus sur son histoire, écoutez le témoignage de Odette Hettinger née Richert qui, dès son plus jeune âge aidait ses parents à l'épicerie :

Halle aux blés, 16e siècle / Musée du Pays de Hanau - Chapelle castrale Saint-Georges, 14e siècle
Devant vous se tient la Halle aux blés, actuel Musée du Pays du Hanau. Les ouvertures actuelles datent du début du 19e siècle, mais la construction de la halle remonte au 16e siècle. Des traces d'architecture gothique sont encore visibles, notamment dans le pignon ouest. Le bâtiment est adossé au mur d'enceinte médiéval et a servi, jusqu'au 18e siècle, de greniers à grains pour le comté, d'entrepôt annexe pour les quelques trois cents orangers du château et autres plantes exotiques.
Sur le chaînage d'angle ouest, vous pouvez observer la sculpture d'une tête de fou qui rappellerait le "Ach Leider". Ach Leider est un personnage original de la cour du comte Philippe de Hanau. A la fois amuseur, rapporteur, confident, il était nommé ainsi car son expression favorite était Ach Leider ("Oh malheur"). Un jour, serviettes et nappes ont disparu en grand nombre, puis ont été retrouvées dans l'eau du vivier. Le soupçons se sont rapidement tournés vers Ach Leider qui a été convoqué devant le comte. Il avoua qu'il avait surpris tellement de villageois se soulager dans le bassin qu"il avait eu pitié des poissons. "Les serviettes, dit-il, étaient destinées aux poissons afin qu'ils puissent se nettoyer et s'essuyer". Cet aveu a beaucoup amusé l'assemblée présente, ainsi que le comte, qui l'a condamné à s'occuper lui-même des poissons.
A côté de la Halle aux blés, se situe la chapelle castrale Saint-Georges. La chapelle date du premier tiers du 14e siècle, et son choeur a conservé sa voûte gothique. Les blasons orant les deux clefs évoquent une partie de l'histoire de l'Alsace du Nord : l'alliance entre les familles de Werd, landgraves de Basse Alsace, et celle de Lichtenberg. Les armoiries de Werd - bande d'argent sur fond de gueules - deviennent les armoiries de Basse Alsace, puis de nos jours celles du Bas-Rhin.
La chapelle désaffectée depuis 1525 (guerre des Paysans), a servi successivement de salle d'archives, de logement et même de prison.

Les jardins du château
Les premiers jardins du château de Bouxwiller sont mentionnés dès le 15e siècle, sous le règne de Philippe II, comte de Hanau-Lichtenberg. Mais c’est le comte Jean René III qui, au début du 18e siècle, les transforme en jardins remarquables, évoqués notamment par Goethe.
Deux jardins de plaisance (Lustgärten) sont aménagés. L’un, le grand jardin à la française, s’étend de part et d’autre de la rue du Jardin des Seigneurs (Herrengarten). L’autre, donnant sur les douves, est un petit jardin d’agrément (kleiner Lustgarten) traité sur un mode plus intime et décoratif. Véritables signes de pouvoir, ces jardins ne sont pas seulement des espaces verts paysagers : ils sont agrémentés de bâtiments, de volières, de grottes, de fontaines et de sculptures.
On crédite le sculpteur Jacques Pierrard de Coraille de la statuaire mythologique répartie dans le Herrengarten. Il n’en subsiste plus in situ que les trois statues d’Apollon, de Bacchus et de Mercure, actuellement conservées dans le jardin de l’hôpital construit sur le site. Mais des pavillons, volières, treillages… et de la statuaire du Lustgarten, confiée au « sculpteur du Roy » François Alexis Fransin, il ne nous reste que des évocations.
La Révolution a été le prélude à la disparition du « Petit Versailles » qu’avait élaboré avec un goût exquis Jean René III de Hanau-Lichtenberg, en s’entourant de Hofgärtner (jardiniers de cour) réputés comme Marc Dossmann, Jean-David Fülcke ou Jean-Henri Petri.

Les vues panoramiques des jardins
Une vue septentrionale de Bouxwiller gravée par Jean-Martin Weiss pour l’Alsatia Illustrata de Jean-Daniel Schoepflin,et une gravure de Hancké datant du milieu du 19ème siècle, représentent une vue d’ensemble de la ville avec une partie du Küchengarten au premier plan, le château de Bouxwiller et les bâtiments du Holzhof au fond de la perspective. En arpentant la rue du Clos des Seigneurs, on retrouve le point de vue qui a servi de base aux dessins : seul le château et le Ballhaus ont disparu du paysage…
Charles Hancké, né et décédé à Bouxwiller (1808-1860) a effectué la plus grande partie de sa carrière à Paris, dans les meilleures maisons lithographiques. À partir de 1848-49, il devient maître de dessin et de calligraphie au collège de Bouxwiller.Dans sa composition, Jean-Daniel Schoepflin qui a dû bien connaître les lieux en sa qualité de précepteur des enfants de la Grande landgravine accorde une certaine importance plastique au Ballhaus. Ce bâtiment avait été élevé à l’extrémité nord de la faisanderie domestique. Si plus rien n’existe de ce pavillon octogonal, on se souvient du 29 mai 1790 au soir, lorsque le Ballhaus a été le témoin des derniers fastes princiers. À l’occasion d’une dernière visite de Louis X à Bouxwiller, un grand bal public y a été organisé, qui confirme l’envergure du pavillon disparu. Un autre bal public devait s’y tenir le 18 septembre 1791 mais cette fois sous les auspices du nouveau régime, en clôture d’une cérémonie organisée au Bastberg devant l’autel de la Nation.
